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Le marcottage ou l’art de cloner les plantes du jardin - Actualité

de papebob - 9 octobre 2019 - 33 lecture(s)
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Au sol ou sur branche, cette technique de multiplication permet de reproduire à l’identique et à peu de frais un grand nombre d’arbres et d’arbustes fruitiers ou d’ornement. Contrairement aux animaux, le clonage est monnaie courante chez les plantes. Exemple bien connu, les fraisiers produisent de longues tiges, appelées stolons, dont les bourgeons donnent naissance à un nouveau sujet, génétiquement identique à la plante mère, dès qu’ils entrent en contact avec le sol. La joubarbe, le chlorophytum, la saxifrage, la piloselle et la pomme de terre recourent au même procédé. Sauf que chez cette dernière, le stolon, souterrain, se termine par un ou plusieurs tubercules. La ronce, sauvage ou domestique, et la passiflore sont encore plus expéditives: il suffit que l’extrémité de leurs tiges touche terre, en pliant sous l’effet de leur propre poids, pour qu’elles prennent racine et forment un nouveau pied. D’où leur caractère notoirement envahissant… Le séquoia géant, le marronnier d’Inde et le figuier sont capables, eux aussi, de régénérer un nouvel arbre pour peu que leurs branches basses retombantes viennent en contact avec le sol. Même chose avec le thuya géant (Thuja plicata): au parc zoologique de Mulhouse (Haut-Rhin), un vieux spécimen, planté au milieu du XIXe siècle, forme aujourd’hui un bosquet de près de 300 m2 de superficie! Ce processus naturel d’une efficacité redoutable, appelé marcottage, présente de nombreux avantages. Contrairement à la reproduction sexuée à partir de graines, les clones obtenus sont en effet des copies conformes, ce qui est intéressant lorsque l’on veut conserver intactes les caractéristiques de la plante mère (couleur des fleurs ou du feuillage, qualité gustative des fruits, etc.). Ensuite il s’agit d’un procédé économique et facile à mettre en œuvre même pour un jardinier débutant. Les plantes à stolon comme le fraisier sont les plus simples à multiplier dans la mesure où elles font spontanément l’essentiel du travail. Il suffit de prélever, en cette saison, les jeunes plants nouvellement formés et dotés d’un beau chevelu racinaire, pour agrandir sa fraiseraie ou en constituer une nouvelle. On peut aussi les repiquer dans des pots. Un peu plus technique, le marcottage au sol se pratique sur quantité d’arbres, d’arbustes et de plantes vivaces: chèvrefeuilles, sauges, thym, romarin, rhododendrons, azalées, hydrangéas, cornouillers, clématites, glycines, pivoines arbustives… L’opération consiste à sélectionner une belle tige, basse de préférence, à ôter toutes ses feuilles, sauf celles situées autour du bourgeon terminal, puis à l’enterrer sous quelques centimètres de terre préalablement travaillée, en laissant dépasser l’extrémité. Pour éviter que la branche ne décolle du sol, il est conseillé de la fixer à l’aide d’une ou plusieurs tiges métalliques en forme de U qui joueront le rôle d’agrafe. Pensez à arroser régulièrement, si le temps est sec, comme c’est le cas en ce moment. Au bout de 2 à 3 mois, lorsque les racines auront atteint un développement suffisant, il ne vous restera plus qu’à «sevrer votre marcotte», c’est-à-dire à couper la tige qui la reliait jusque-là au pied mère pour l’installer à son emplacement définitif. Dernière possibilité: le marcottage aérien s’adresse aux plantes cultivées en pot ou dont les tiges cassantes ne peuvent être rabattues sans dommage jusqu’au sol. C’est le cas du laurier-rose, du ficus, des magnolias, de l’olivier, de l’althéa, du lilas commun, de l’araucaria et de la plupart des agrumes. Pour y parvenir, il suffit d’appliquer sur une branche aoûtée (dont l’écorce a durci) un mélange de tourbe et de mousse humide enveloppé dans un manchon de plastique noir ou de papier d’aluminium afin de masquer la lumière. Un examen hebdomadaire est nécessaire pour vérifier que la motte reste moite. Arroser si nécessaire au moyen d’une seringue. Au bout de plusieurs semaines (la durée varie selon les espèces), la tige maintenue dans l’obscurité va fabriquer des racines. Il suffira alors de la couper juste en dessous de la motte et de replanter sans délai le nouveau plant dans un pot ou en pleine terre. Après ses lapins spécialistes de la course d’obstacles, ses poules musiciennes, son spectacle de Guignol, le Potager des Princes, à Chantilly (Oise), vient d’ouvrir une nouvelle attraction: des poissons, en l’occurrence des carpes koï, nourrisseurs de plantes. Soucieux de «contribuer à l’émergence de l’agriculture de demain», Yves Bienaimé, propriétaire de ce splendide parc botanique et animalier de trois hectares, a installé une serre d’aquaponie dans laquelle, il organise des ateliers ouverts aux visiteurs. «Le principe est simple: l’eau souillée par les déjections des poissons riches en ammoniaque sert à alimenter des plantes cultivées hors sol, avant de revenir, une fois purifiée dans le bassin piscicole» explique-t-il. Salades, choux, tomates, framboisiers: ce système durable, fonctionnant en boucle, permet de produire toutes sortes de fruits et légumes tout en élevant des poissons sans rejeter de substances nocives dans l’environnement. Individuels ou en groupe (maximum 20 personnes), les ateliers, animés par Serge Sage, jardinier en chef du Potager des Princes, ou Camille Botterman, son assistante, ont lieu chaque samedi et chaque dimanche à 11h, jusqu’au 5 novembre au tarif unique à 15€ (atelier + visite du parc + animations). La visite se poursuit dans le potager en grande partie reconverti à la permaculture linéaire et en butte. Publié le 11/09.

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